nouvelles de la zad golfique de St Hilaire

Le saccage des prairies “uniques”
riches d’une biodiversité rare
La gazette de la ZAD golfique
Journal 100% désintox
Cette autre affaire scandaleuse témoigne aussi de ce sentiment de puissance et d’impunité de
l’Agglo. Ici, il s’agit d’un forfait environnemental “gratuit”.
Édité par l’association St Hilaire Durable n°3 – Septembre 2015
Au cours de l’enquête publique de 2013, des associations naturalistes ont révélé l'existence de
prairies humides «uniques au monde» en raison de la présence de plusieurs espèces rares
et/ou protégées (faune & flore), notamment la plus belle station au monde d’orchis occitans.
Leurs investigations ont donné lieu à une publication sur le site internet de l'Observatoire du
Patrimoine Naturel du Gard. L’Office national de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS)
ayant participé au recensement des espèces rares, a adressé en juillet 2013 à la DDTM qui l'a
transmise au Sous-Préfet d'Alès, un courrier afin d'attirer son attention sur l’intérêt majeur de
ces prairies humides
st.hilaire.durable@orange.fr
LE PROJET GOLFIQUE, LES AFFAIRES ET LA COP21
Dans nos deux premiers numéros, nous vous avions présenté, à partir de
chiffres et de faits réels, la face cachée du projet de golf immobilier, avec ses
conséquences destructrices sur le plan environnemental, l'urbanisation
massive qu'il engendrerait, son faux plan financier, etc.... Nous vous avions
révélé que l’Agglo ne reculait devant aucune manipulation, aucun mensonge
pour «vendre» et imposer son projet en utilisant sans compter l’argent des
contribuables. Vous pouvez prendre connaissance des précédents numéros
de notre gazette sur le site de notre association :
http://www.sainthilairedurable.net/
Toutes les autorités, à commencer par celles de l’Agglo, étaient donc au courant de la nécessité
d’épargner ces prairies remarquables, communément appelées par les Saint-Hilairois, champs de
narcisses (1% des 360ha de la ZAD). L’Agglo semblait avoir entendu le message puisque, par
courrier du 6 mai 2013, Max Roustan, s’empressait de rassurer, notamment le président de Gard
Nature, en lui indiquant: «Il y a encore du travail d'études et de concertation avant de mettre en
péril la faune et la flore par des travaux que vous pressentez comme imminents ». Ces prairies de
fauche, jamais labourées de mémoire d'homme, semblaient donc protégées.
Mais c’était sans compter sur la duplicité des dirigeants l’Agglo puisque, début décembre 2013,
elles seront délibérément saccagées par un labour profond (pour éviter d’avoir à déplacer 2 ou
3 trous du golf ?). Cet acte méprisable, et sans justification agricole a été commis par un complice
agriculteur-promoteur immobilier St Hilairois qui ne peut avoir agi de son propre chef, ces terres
ne lui appartenant pas. Les Ecologistes de l’Euzière, association qui avait jusque-là accompagné
le projet et caution naturaliste de l’Agglo, ont rompu immédiatement leur relation suite à ce forfait
environnemental, considérant que cette affaire «constitue un déni de leur travail...» et «... porte
un discrédit irrémédiable» au projet.
St Hilaire Durable, a fait constater les dégâts par huissier, puis comme
quatre associations naturalistes, a déposé plainte pour ces faits. L’en-
quête, promptement menée par l'ONCFS début 2014, n’a donné lieu
à aucune poursuite à ce jour. Pourquoi ?...
La Diane
La Gazette est gratuite mais elle coûte plusieurs centaines d’euros...
Nous remercions chaleureusement celles et ceux qui ont répondu à notre appel en contribuant finan-
cièrement au tirage de ce troisième numéro. La direction de l’Agglo peut se payer, malgré la crise, un
bataillon de «communicants» en puisant dans nos impôts, mais notre association ne dispose que du
soutien et du dévouement de ses militants et sympathisants.
Si vous souhaitez nous soutenir dans notre entreprise de désintoxication, vous pouvez ad-
hérer à l’association pour 10€/an et/ou adresser un don du montant de votre choix à :
St Hilaire Durable, 2958 chemin d’Anduze à Uzès, 30560 St Hilaire de Brethmas.
Dimanche 13 septembre, St Hilaire Durable fête la courge !
Marché bio local dès 9h. Repas cévenol complet à midi : 10€/adulte, 7€/enfant.
(détail et réservation http://www.sainthilairedurable.net/).
Après-midi : conférences et débats sur le climat (COP21), l’agriculture, l’eau, le golf...
RDV salle Louis Benoît à St Hilaire de Brethmas (fléchage & parking assurés)
Mais l'Agglo n'en reste pas là et pratique «le mélange des genres» en
masquant de réels intérêts privés, illustrés par les «affaires» annexes liées
directement au projet (construction illégale, saccage des prairies riches en
biodiversité...). Ces affaires sont l'objet de ce troisième numéro.
Elles en disent long sur les connivences politico-économiques de l'Agglo avec
les milieux d'affaires sur le sentiment de puissance et d’impunité qui y règne
et sur une démocratie où l'intérêt général n'a pas sa place.
Ne pas jeter sur la voie publique. A diffuser sans modération
Faut-il que les «responsables» de l’Agglo soient persuadés d’être intouchables, pour se moquer ainsi
de leur propre partenaire naturaliste... Animé probablement par ce même état d'esprit cynique, M.
Martinez, directeur de l’Agglo, n'hésitait pas à envoyer une carte de vœux, illustrée par des espèces
(papillon diane et aristoloche) dont l’habitat avait été détruit quelques
semaines plus tôt.
http://www.sainthilairedurable.net
Comme vous aurez pu le constater, la sécheresse sévit depuis des
mois et rendrait complètement scandaleux et surréaliste l'irrigation
et l’arrosage d'un golf. Les faits sont alarmants: les sept premiers
mois de 2015 ont été les plus chauds jamais enregistrés à la sur-
face du globe depuis le début des relevés de températures en 1880,
soit 136 ans ! Au cours des prochaines semaines, à l’approche de
la conférence sur le climat, COP21 à Paris, nous allons être sub-
mergés par des informations malheureusement fondées sur les
conséquences du réchauffement climatique qui mettent en péril le
devenir de l'humanité. Les impacts liés aux activités humaines
(l'anthropocène) sont irréversibles, il s’agit au mieux de stopper leur évolution
et d’en limiter les dégâts (désertification, perte de biodiversité, guerres pour
l’eau et les terres agricoles, migration humaine par dizaines de millions...).
Cette conférence accouchera-t-elle enfin de mesures concrètes et efficaces?
Rien n’est moins sûr, tant sont puissants les égoïsmes nationaux ou privés
et leurs lobbies qui souhaitent perpétuer un modèle économique aux effets
dévastateurs.
A notre niveau, agissons dans nos territoires pour mettre fin à tous ces projets
qui comme celui du golf-immobilier accentuent la dégradation et l'accapare-
ment de nos biens communs. Il faut se rendre à l’évidence : nous n’avons pas
de planète de rechange même pour les plus privilégiés, golfeurs ou pas !
RÉSIDENCES PRIVÉES POUR GOLF PUBLIC - LE BAZAR LAND DE L’AGGLO
Comme nous l’indiquions dans le premier numéro de la Gazette, la coexistence de projets im-
mobiliers privés au sein de la ZAD golfique constitue l’une des tâches originelles du projet. Alors
que les petits propriétaires ayant refusé de vendre leurs terres à l’Agglo seront soumis à une
procédure d’expropriation, les deux plus gros, MM Georges et Brunel (100 ha environ à eux
deux au sein de la ZAD) se retrouvent en position de force pour imposer les contreparties de
l’apport indispensable de leurs parcelles, idéalement situées sur le parcours golfique.
M. Brunel, ancien maire de Deaux (l’un de ses fils a repris la mairie en 2014), veut faire édifier,
en partenariat, un "éco-hôtel" 4 étoiles, de 80 à 100 chambres, sur les parcelles qu’il conserve
à l’entrée du golf, alors que M. Georges projette de construire un ensemble de résidences de
tourisme sur une vingtaine d’hectares, où étaient prévus 150 logements dans la première ver-
sion du projet.
Dans cet article, nous nous intéresserons plus particulièrement au cas de M. Georges, car lui
n'a pas attendu l'accord préfectoral pour poser la première pierre.
Brasseur d’affaires alésien, il est le fondateur de la chaîne de magasins  Bazarland  qui se dé-
clare 1er réseau français de discounters*. Gros propriétaire terrien, il possède une cinquantaine
d’hectares situés dans le périmètre de la future ZAD golfique. M. Georges est également pro-
priétaire du  Comptoir St Hilaire, nouvelle dénomination du Mas de la Rouquette, mas chargé
d’histoire qu’il a acquis et transformé en un luxueux ensemble de chambres d’hôtes.
Tout commence donc en septembre 2007, lorsqu’une demande de "réhabilitation d’un hangar
agricole" est déposée en mairie de St Hilaire. Le hangar en question, propriété de M. Georges,
se trouve dans une zone naturelle classée boisée, en contrebas du  Comptoir St Hilaire, à l’in-
térieur de la ZAD. L’accord de réhabilitation est accordé par le maire, mais les travaux ne com-
menceront qu’en septembre 2010.
Alerté par les riverains qui constatent que les travaux entrepris ne correspondent en rien à
ceux autorisés, le maire d’alors, M. Gérard Roux, adresse en novembre 2010, une lettre au
propriétaire lui demandant l’arrêt des travaux qui... continuent. Les élus d’opposition, surpris
de voir une construction illégale s’édifier au vu et su de tous, interpellent à plusieurs reprises
en conseil municipal, le maire qui répond invariablement : «  construction est un hangar agri-
la
cole...  Et les travaux se poursuivront jusqu’à ce que le dit "hangar agricole" devienne une
».
salle de réception de plus de 900 m2 baptisée l’Orangerie.
En septembre 2011, des élus sont informés qu’une réception donnée par la société Axens de
Salindres doit réunir dans le mois plus de 500 personnes, dont plusieurs personnalités du
monde politique local, dans cette salle qui n'a reçu aucune autorisation d'ouverture et pour
cause... Face à une telle situation, les élus d’opposition alertent en urgence le sous-préfet et
adressent un courrier au procureur de la République. Le lieutenant de gendarmerie de Vézéno-
bres qui instruira l’enquête devra insister fortement auprès du maire, invité à la réception, afin
qu’il prenne un arrêté de fermeture immédiat. Ce soir-là, la réception aura lieu malgré les
manifestants.
Si fermeture, il y eut, elle fut de courte durée, car passant outre tous les interdits, le propriétaire
des lieux y reçoit régulièrement du public, n’hésitant pas à en faire la publicité !
Et ce n'est pas fini, car malgré l’enquête en cours, M. Georges fait entreprendre, toujours
sans aucune autorisation, d'importants travaux de remblaiement devant sa salle, en re-
couvrant de plusieurs mètres de remblai deux parcelles classées « Réserve de protection faune
et flore » pour l'une, et « Espace naturel boisé » pour l'autre. Une noria de camions-benne cir-
culera pendant plusieurs mois sur les étroits chemins communaux, sans que la mairie n’y voie,
encore une fois, un motif pour intervenir... C’est notre association qui déposera, en avril 2013,
une plainte auprès du procureur, pour travaux réalisés en infraction au Code de l'urbanisme.
Le maire de l’époque n’a jamais ménagé son soutien à ce contrevenant récidiviste, allant jusqu'à
envoyer un employé municipal élaguer les arbres le long du chemin menant à la salle, la veille
de la réception organisée par Axens. Et le 10 décembre 2012, soit moins de trois mois avant le
début de l’enquête publique, une délibération communale classait en zone constructible les ter-
rains sur lesquels M. Georges souhaite mener à bien son projet de résidences privées.
Sa salle de réception se trouve dans la zone prévue pour ce projet et sur une vingtaine d’hectares
autour, des logements pour touristes devraient y être construits. L’approbation du projet
golfique par la Déclaration d’Utilité Publique préfectorale légaliserait donc de fait tous les
travaux illégaux déjà réalisés...
Cet entrepreneur avisé a très habilement anticipé l'intérêt pour lui du projet golfique, car sans
l’apport de ses terres rien ne pourrait se faire. A l’évidence, il est depuis l'origine, directement
ou indirectement, associé à son élaboration avec pour contrepartie la réalisation de son propre
projet.
Mais deux zones touristico-immobilières : les villas de "l’éco-hameau" près du golf et les rési-
dences de M Georges, cela fait beaucoup, au point que la Commission d’Enquête Publique note
dans son rapport de juin 2013 : " la zone touristique privée de 24 ha destinée à accueillir des
résidences de tourisme concurrencerait directement les villas résidentielles du golf ".
Qu’en sera-t-il de la nouvelle version du projet ? M. Martinez, Directeur Général des Services
Techniques de la ville d’Alès et de l’Agglo, nous assure que M. Georges fera ce que bon lui sem-
ble sur ses parcelles maintenant constructibles...
Cela fait quatre ans que cette affaire de construction illégale est entre les mains de la justice et
à ce jour rien n’a bougé. Depuis le dépôt de notre plainte, le parquet répond à chacun de nos
courriers, qu’il attend depuis le 25/09/2013 l'avis de la DDTM (ex DDE). En réponse au courrier
que nous lui avons adressé, elle nous a répondu avoir transmis cet avis au procureur en juillet
2014, ce qui fait plus d'une année.
Interpellé à plusieurs reprises au sujet des travaux de terrassement illégaux qui se sont pour-
suivis jusqu’à aboutir à la réalisation d’un immense parking, le nouveau maire de St Hilaire,
Jean-Michel Perret n’a pas utilisé tous les moyens que lui donne la loi pour les faire cesser. En
revanche, il a, conformément à son programme électoral, fait voter par son Conseil municipal
le 24 juin 2015, une délibération défavorable à la construction d'un projet de golf sur la
commune.
Le sous-préfet d’Alès, que des membres de St Hilaire Durable avaient rencontré en janvier 2012,
avait benoîtement déclaré que M. Georges s’en tirerait avec une amende de quelques milliers
d’euros et obtiendrait son permis au bout de 2 ans. Les faits lui ont donné tort jusqu'à présent,
mais pour combien de temps encore ?
Ni la justice, ni les autorités ne semblent s’émouvoir de cette zone de non droit.
Pourquoi?



05/09/2015

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