économies et dépenses militaires

Il faut faire des économies ? Et les dépenses militaires ?

  • On n’en parle guère. Or la France dépense bien plus que la plupart des pays du monde dit développé pour les armées et pour l’armement. On pourrait dépenser nettement moins sans tomber dans l’angélisme et sans se priver d’une défense nationale suffisante pour la période à venir. Une partie des dépenses passées et actuelles correspond non pas à la « défense de la Nation » mais à la défense des intérêts des plus grandes entreprises françaises, contre d’autres peuples qui ne nous agressent nullement.Cette partie a amplifié les « dettes illégitimes ». Certes,les raisons de « militer pour la démilitarisation » progressive ne sont pas d’abordfinancières. Elles sont morales. Mais dans ce cas comme dans d’autres (les grands projets inutiles ou nuisibles), la raison financière publique rejoint la morale.

Je m’appuie dans ce qui suit, en citant parfois des passages entiers, sur une très bonne étude de Jean-Claude Bauduret, ingénieur chimiste retraité, ancien syndicaliste, membre d’Attac, qui utilise les meilleures données disponibles.

DANS LE MONDE

Le montant des dépenses militaires mondiales s’est élevé en 2011 à 1738 milliards de dollars. Elles sont en augmentation chaque année depuis 13 ans alors que la tendance était à la diminution de 1988 à 1998. (Graphique).

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On notera 1) la part extravagante des États-Unis, supérieure à 40 %, alors que la population de ce pays représente un peu plus de 4 % de la population mondiale ; 2) le fait que l’Union Européenne suit la tendance générale, mais de façon très amortie.

EN EUROPE ET EN FRANCE

Les données plus détaillées du GRIP (Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité), fondées sur celles du SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute), montrent que, POUR LA FRANCE, CES DEPENSES REPRESENTAIENT 2,32 % DU PIB EN 2010, soit 46 milliards d’euros, contre 1,37 % pour l’Allemagne, 1,23 % pour la Suède, 1,09 % pour l’Espagne. Sur les 27 pays de l’Union européenne, et selon cet indicateur, la France est en troisième position, derrière… la Grèce (3,07 %) et le Royaume-Uni (2,68 %).

On compte plus de 5000 ogives nucléaires déployées et « armées » dans le monde, réparties entre quatre pays dont la France, plus 15 000 ogives en réserve, dans neuf pays. Plus de 90 % sont étatsuniennes ou russes, la France venant en troisième position.

L’estimation du coût annuel du seul nucléaire est « secret défense ». Jean-Vincent Placé l’avait estimé à 4,5 milliards par an. Selon d’autres sources sérieuses, ce serait encore plus important. Pour la commission défense du Sénat, ce serait moins (3,6 milliards d’euros en 2010).

UN PROJET DE CONVENTION MONDIALE POUR L’ABOLITION DE L’ARME NUCLEAIRE

La France a signé en 1992 un Traité de Non Prolifération Nucléaire, légitimement conditionné par les Etats non dotés de l’arme nucléaire à ce que les Etats dotés y renoncent également à terme. C’est l’article 6 : « Chacune des Parties au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire, et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace. »

Aucun Etat doté n’a réellement respecté cet engagement. Les gouvernements de la France, n’ont pas fait exception. Ce reniement a encouragé la prolifération. De 5 puissances nucléaires, nous sommes passés à 9, et 35 autres Etats sont techniquement capables de le devenir. Le risque majeur est bien celui de la dissémination, qui ne peut être conjuré que par un désarmement nucléaire mondial général progressif et contrôlé.

Bien que la dissuasion nucléaire soit de plus en plus contestée par d’anciens Premiers Ministres (Alain Juppé, Michel Rocard), d’anciens ministres de la « Défense » (Alain Richard, Paul Quilès) et des militaires de haut rang (Généraux Copel et Norlain), les gouvernements français successifs, comme en attestent leurs votes à l’ONU, continuent de se référer à ce concept dépassé et facteur de prolifération. Dans ses « 60 propositions », le candidat Hollande s’est également rallié à la dissuasion nucléaire.

Un projet de convention pour l’abolition de l’arme nucléaire est débattu à l’ONU. 143 Etats y sont favorables, mais, sur les 9 puissances nucléaires, cinq le combattent : les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Russie, Israël et… la France. Les changements politiques rendent-ils envisageable une évolution des positions françaises, ce qui ne manquerait pas d’avoir d’importantes répercussions sur la position des autres puissances nucléaires, de plus en plus isolées ?

Un sondage de mars 2012 réalisé par l’IFOP pour le Mouvement de la Paix montre qu’une très grande majorité de nos concitoyens est favorable à l’engagement de la France dans un processus de convention internationale totale et contrôlée des armes atomiques. Voir aussi la campagne internationale à laquelle participe une coalition d’associations : ICAN (Coordination française de la Campagne internationale pour l’abolition de l’arme nucléaire), sur le site http://www.icanfrance.org/.

Extrait du sondage de l’IFOP.
La question : Vous personnellement, êtes-vous favorable ou pas favorable à ce que la France… ?

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05/07/2012

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