dette : notes de lectures

Alter éco pages 48 à 60

LA DETTE DES MÉNAGES UN MOTEUR DE CROISSANCE… À EXPLOSION Claude Demma
La  dette totale se partage dans les économies développées en 4 parts à peu près égales (entreprises, administrations, institutions financières, ménages) mais aux USA la dette privée constitue en 2008 plus de 65% de la dette totale. Les prêts immobiliers ont doublé entre 2000 et 2006. La dette des ménages ne peut rester soutenable que tant que les prix des logements augmentent. Le désendettement s’avère difficile car la croissance ne peut pas être soutenue par la consommation d’autant que les ménages tentent d’épargner. Question : la hausse de l’endettement des ménages s’explique-t-elle par la nécessité de compenser une trop faible augmentation des salaires (la part des profits dans la valeur ajoutée ayant augmenté de 8,8% à 13,7% du revenu national entre 2001 et 2006) ?
 
 LA SPIRALE DU SURENDETTEMENT DE MENAGES Claire ALET
Hausse de 5,5% des dossiers de surendettement entre 2010 et 2011. Les dettes sont essentiellement bancaires : la précarité force de nombreux ménages à recourir au crédit et en particulier au crédit revolving proposé par les distributeurs et les agences spécialisées (cetelem, sofinco…) à des taux de 15à 20% proche de l’usure. La loi Lagarde, destinée à corriger ces abus, en unifiant le taux de l’usure qui était plus élevé pour les crédits revolvings, reste cependant très insuffisante.
 
QUI PEUT FAIRE FAILLITE ? Hubert de Vauplane.
Un état peut-il faire faillite comme une entreprise ou un ménage ? c’est à dire conduire à la liquidation de son patrimoine à laquelle peut s’ajouter pour les entreprise la procédure de « faillite personnelle » qui entraîne interdiction de gérer et déchéance électorale. Les  états ne peuvent donc pas juridiquement faire faillite même s’il ne peut pas payer ses fonctionnaires ou ses créanciers. Après les solutions militaires ou judiciaires on s’en rapporte au FMI qui dirigent des discussions pour restructure et renégocier les dettes publiques extérieures. Ce qui impliquent l’accord d’une majorité des créanciers. Ceci a conduit à l’inclusion dans les contrats d’émission de dettes souveraines de « clauses d’action collective » qui permet de considérer comme adopté une restructuration de la dette quand une majorité des créanciers est d’accord. Ce sera le cas à partir de 2013 dans la zone euro.
 
LE RÔLE AMBIGU DES AGENCES DE NOTATION Christian Chavagneux
Le business de la notation, né en 1909, va se modifier radicalement dans les années 70 quand les emprunteurs vont payer pour obtenir des notes. Reagan ouvre le financement de la dette publique aux investisseurs étrangers (années 80). Les agences publient leurs avis sur la dette des états. On leur reproche donc des conflits d’intérêts soulignés par leur bonne notation d’Enron ou des produits toxiques des années 2000. Elles ont acquis un pouvoir certain sans endosser la moindre responsabilité. Elles ont tendance à amplifier les mouvements des marchés. Ces agences ne sont donc plus « un thermomètre elles sont devenues l’un des virus » des dettes. Peu de régulations sont envisagées ; les commissaires européens n’ont pas réussi à s’entendre sur les pistes les plus intéressantes : les rendre responsables juridiquement, suspendre leur notation pour les pays n’ayant plus accès aux marchés financiers.
 
 LA PLANÈTE DES CRÉANCIERS Léopold Jouven
Richesse globale détenue par les habitants de la planète : 270 000 milliards de dollars (50% immobilier, 50% mobilier). Les 9% les plus riches (patrimoine de plus de 100 000 dollars) possède 82% de la richesse (immobiliers, actions…) mondiale. 80% des millionnaires viennent d’Amérique du nord du Japon et d’Europe en même temps ce sont  les pays les plus endettés. Ce sont ceux, aussi ou la part du patrimoine mobilier (actions, obligations) est la plus forte : 70%. Les excédents des pays émergents en font les principaux prêteurs pourtant le pouvoir financier reste concentré sur New York et Londres. Le marché des actions a doublé depuis 2002. Plus fort ! le marché obligataire seul a triplé entre 2000 et 2010. Les obligations d’état représentent 57% du stock en 2010. La presque totalité des obligations internationales est détenue par des investisseurs institutionnels (fonds de pension, fonds d’investissement et assurances) 50% américains,25% européens ou japonais. Emergent aussi les fonds souverains (les pays émergents qui ont des réserves à placer) et fonds de couverture (edge funds) ces derniers se localisent au 3/4 dans les paradis fiscaux. Ces réserves sont essentiellement venues se placer sur l’endettement des pays développés et particulièrement sur les obligations publiques réputées plus sûres. Les dettes européennes dépendent pour 40% de pays non européens.
 
LES MARCHÉS FINANCIERS, UN OUTIL EFFICACE DE DÉVELOPPEMENT ? Christian Chavagneux.
Une économie ne peut vivre sans crédit. La confiance sociale est la base des paiements différés. Ce n’est qu’au 20° siècle que les banques deviennent des institutions de crédit. Elles restent très contrôlées par les états. À partir du dernier quart du 20° les marchés financiers obtiennent un assouplissement de ces contrôles. Le marché asiatique est le premier à souffrir de cette dérégulation ( crises des années 90). L’instabilité financière qui en résulte gagne l’ensemble des pays en voie de développement avec des conséquences économiques et sociales désastreuses. Le Brésil, la Corée du sud, la Thaïlande et d’autres introduisent des contrôles de capitaux. Le développement passe par une régulation étroite de tous les marchés.
 
LE MICROCRÉDIT APRÈS LA CRISE. Naïri Nahapétian.
Il existe 3600 institutions de micro crédit dans le monde. Elles ont subies des crises liées à des défauts de paiement massifs. Le système fait l’objet de critiques : taux d’intérêt élevés (moyenne 26%) qui ne permettent cependant pas à ces institutions de survivre sans subventions car la charge de gestion est très importante. Elles ont besoin de dix ans d’existence pour atteindre l’autosuffisance. Hors crises le taux de remboursement est de 99% grâce à un accompagnement de qualité, le danger vient de l’utilisation des prêts pour des dépenses de consommation non productives. Il convient de séparer microcrédit personnel et professionnel. Des régulations s’imposent aussi dans ce secteur qui ne peut se substituer, seul, aux autres outils de développement.
 
CONTROVERSES
-       ÉLIE COHEN : pour éviter une spirale récessive, la zone euro a tout intérêt à opter pour une politique économique Keynésienne.
-       ANTON BRENDER : La généralisation des politiques de restrictions budgétaires et l’absence de coordination économique mondiale sont des obstacles à la relance de la croissance.
-       MICHEL HUSSON : La sortie de crise dépend du tryptique, annulation des dettes, achat du reste par la banque central et nationalisation des banques.
-       CHRISTOPHE RAMAUX : pour maîtriser les déficits et réduire la dette, il faut rompre avec le modèle libéral et l’austérité qu’il impose.



09/01/2012

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