article du Moniteur stockage gaz

Performance énergétique

Le gaz, une solution au stockage d’énergie d’origine renouvelable

Timothée L'Angevin - LE MONITEUR.FR - Publié le 13/11/14 à 11h06

© Creden - Le couplage gaz-électricité

L’association Coénove, composée d’acteurs du gaz et de la performance énergétique, a présenté mercredi 12 novembre des pistes pour conjuguer les EnR avec l’énergie gaz. Cette dernière pourra devenir un vecteur de stockage pour l’électricité d’origine renouvelable.

Tributaire du vent, des courants et du soleil, l’énergie d’origine renouvelable est intermittente. Une irrégularité qui ne s’accorde pas avec les pics de demande en électricité. La question du stockage se pose alors, sachant que la part des EnR dans la consommation finale brute d’énergie primaire passera de 9,7% à 32% d’ici 2030, comme l’exige la loi de transition énergétique.

L’association Coénove a présenté mercredi 12 novembre le rôle que pourrait jouer le gaz en complémentarité avec les énergies renouvelables. « Il faut conjuguer les énergies entre elles et non les opposer, a insisté Bernard Aulagne, président de l’association créée en septembre 2014 par des acteurs de la filière gaz et de la performance énergétique (Bosch, GrDF, De Dietrich, Qualigaz…). Dans le cadre de la transition énergétique, qui impose de diviser par deux la consommation et par quatre les émissions de gaz à effet de serre, le gaz, peu polluant, va avoir une place déterminante. »

 

Couplage gaz-électricité

Selon une étude Ademe-GrDF-GRTgaz, le gaz peut générer un potentiel de 20 à 30 TWh/an à l’horizon 2050 et devenir ainsi un vecteur de stockage pour l’électricité renouvelable. Le principe consiste à transformer l'électricité en hydrogène par électrolyse de l’eau, lui-même transformé en méthane par méthanation. Le composé obtenu est par la suite injecté au réseau de gaz naturel et peut-être utilisé pour le bâtiment et les transports.

« Ce couplage gaz-électricité est une solution essentielle pour une flexibilité inter-saisonnière des énergies renouvelables, explique Damien Siess, directeur adjoint de la direction productions et énergies durables de l’Ademe. La majorité des besoins peuvent être satisfaits par un pilotage dynamique de la demande. »

 

Biogaz et biométhanes

Mais la France, dont le gaz représente 15% de la consommation d’énergie primaire, est très dépendante de l’importation. Il provient en grande partie de Norvège (36%), de Russie (18%) et des Pays-Bas (14%). Seuls 3,5% sont produits sur le territoire national. Les biogaz et biométhanes, issus de déchets industriels, agricoles, domestiques, de bois ou de micro-algues, représentent donc une alternative pérenne et s’inscrivent dans le concept d’économie circulaire.

« Six sites de méthanisation existent en France, 300 projets sont en cours, souligne Christian Couturier, ingénieur et membre de négaWatt. La production augmente de 15% par an. Selon une étude de notre association, la méthanisation a un potentiel de 150 TWh PCs (pouvoir calorifique supérieur) d’ici 2050. »

Mais le gaz est loin d’être l’unique solution de valorisation des excédents des énergies renouvelables. Le système de stations de transfert d’énergie par pompage (Step) est pour l’instant le plus fiable et existe depuis une quarantaine d’années. Le surplus électrique est utilisé pour transférer l’eau d’un bassin inférieur vers un bassin supérieur. Pour restituer l’énergie, la circulation de l’eau est inversée. Mais les opérations engendrent entre 15 et 30% de perte.



14/11/2014

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